Carême 2024 – Etape 8
Nous sommes le 3ème jour après la mort de Jésus. Dans St Luc, des femmes sont allées au tombeau, mais elles n’ont pas trouvé son corps. Des hommes leur ont dit qu’il était vivant, mais tous ont du mal à croire. Deux disciples cheminent vers Emmaüs.
Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Luc 24, 13-35 (AELF)
Je m’installe confortablement et j’accueille la présence de Jésus ressuscité. Une respiration lente et profonde peut m’aider à m’ouvrir à cette présence.
Jésus est mort. Je regarde ces deux hommes qui quittent Jérusalem, avec le poids de la déception et de la tristesse. Ils marchent lentement. Un autre homme les rejoint et les interroge.
Je demande la grâce d’entrer pleinement dans cette scène et de ressentir tristesse puis joie et allégresse.
- « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Mon esprit aussi est peut-être lent à croire que le salut passe par la souffrance et la mort. Ce mystère est profond.
Je demande à Jésus de m’aider à croire.
- « Reste avec nous, car le soir approche… »
Jésus ne s’impose pas. Il attend d’être invité.
Je parcours mes activités quotidiennes ; est-ce que j’y invite Jésus ?
- « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous… »
La source de ce feu vient de la présence de Jésus et des écritures.
Je peux me remémorer les fois où j’ai vécu une expérience spirituelle.
- Les deux disciples retournent aussitôt à Jérusalem, pour partager leur rencontre avec les apôtres. Tous sont à la joie.
Je demande au Seigneur de ressentir leur allégresse, et j’essaie de la partager à mon tour.
Jésus, tu es bien mort puis ressuscité. Ce mystère me dépasse. Je te confie mon cheminement personnel, avec ses périodes de tristesse et de joie, comme les disciples d’Emmaüs.
Autre Texte
Ce récit nous apprend que lorsque le cœur brûle dans la rencontre avec Jésus de Nazareth, on est capable de faire demi-tour et de repartir annoncer une bonne nouvelle de vie. La tristesse se change en joie, le désenchantement en bonheur activé au présent. Que ce feu embrase nos cœurs pour annoncer la vie…
« Ne fallait-il pas ? », certes oui ! Il nous fallait à notre tour comprendre que le projet de Dieu était un projet d’amour à partager. Projet dans lequel nous allions trouver notre place en adhérant à son programme de vie, sans faire pour autant l’économie de la souffrance […]. Ce vaste plan, que nous ne comprenons qu’en partie, a pour finalité de nous faire faire un demi-tour (cf. C’est l’image de la conversion) pour nous repositionner en marche dans la bonne direction, celle de la vie tout simplement. Que peut-on souhaiter de mieux à cette humanité qui se perd dans ses illusions, sinon de faire l’expérience sublime des deux disciples d’Emmaüs…
Jacques Eychenne (Chrétiens en marche)